Circuit itinérant

Localisation

Prâlon

départ : Départ depuis le pont du ruisseau du Prâlon près de l'église

Niveau de difficulté

Moyen

Durée

5h

Longueur

20 km
balisage bleu
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Pour terminer la traversée des Cinq Vallées, encore une vingtaine de kilomètres à parcourir… Vous randonnerez le long de nombreux cours d’eau qui convergent tous vers la superbe vallée de l’Ouche. Après Mesmont et Remilly-en-Montagne, vous effleurerez le village de Barbirey-sur-Ouche qui abrite un château joliment entouré de son « jardin remarquable ». Après Saint-Victor-sur-Ouche et son église paroissiale datant du XIIème siècle classée « monument historique », l’arrivée se fait à la Bussière-sur-Ouche et sa célèbre Abbaye cistercienne… Une visite à ne pas manquer !

À éviter en période de chasse (de mi-septembre à fin février les jours concernés).

 

Avant de partir, n'oubliez pas de consulter nos conseils de sécurité

Topoguide

1 Depuis le pont du ruisseau du Prâlon près de l'église du village, prendre la RD9g en direction du sud- ouest et aller tout droit.

2 Une fois sorti du village, au second croisement de route, prendre celle de droite qui monte vers le hameau de la Serré, puis poursuivre la montée jusqu’à Mesmont.

3 Traverser le village (il faut être vigilant le long de la route départementale jusqu'à reprendre le prochain chemin herbeux).

4 Prendre la voie de desserte de l'A38 à droite et franchir la voie rapide en empruntant le tunnel souterrain. A la sortie du tunnel, prendre la route départementale qui monte sur la droite, tout en étant de nouveau très vigilant car le trafic routier est important sur cette section de route.

5 Au carrefour suivant, descendre la petite route de gauche direction Remilly-en-Montagne puis, juste après la fin de la rembarde métallique, prendre encore à gauche le chemin de terre au milieu des cultures. Descendre jusqu'au village de Remilly, sans emprunter les chemins latéraux.

6 Après  avoir  dépassé l’église,  descendre jusqu'à l'ancien moulin celui à droite. Poursuivre en face et monter le premier chemin de terre pentu sur la gauche.

7 Arrivé aux environs du sommet de la butte, prendre le chemin de terre de gauche et longer la lisière d'une
vaste clairière avant  d’entrer en forêt. A l'intersection suivante, poursuivre tout droit.

8 Prendre le chemin de droite, longer le muret puis entamer la descente vers le hameau « La Montagne ».

9 Arrivé à la route goudronnée avant le hameau, descendre la route qui part en épingle sur la gauche.

10 Avant la zone de vergers, prendre le chemin sur votre gauche.

11 Laisser le chemin qui descend sur la gauche et poursuivre pour descendre un chemin enherbé jusqu'à la première maison de Barbirey-sur-Ouche.

12 Tourner sur votre droite sur la route départementale pour passer le pont et, après quelques centaines de mètres, prendre le second chemin sur la gauche, un chemin agricole qui monte rejoindre la lisière en traversant les cultures, puis grimper jusqu'à un petit col.

13 Après avoir longé des friches, à l'intersection, poursuivre en face pour descendre jusqu'au village de
Saint-Victor-sur-Ouche.

14 A l’intersection avec  la RD33,  traverser en face pour aller rejoindre le canal de Bourgogne après avoir franchi l'Ouche.

15 Prendre le chemin de halage à droite pour terminer à La Bussière-sur-Ouche la « Traversée des Cinq
Vallées ».

Côté patrimoine

Anciennes abbayes, châteaux forts en ruine ou disparus, château de plaisance et son jardin remarquable, églises sur les hauteurs au mobilier insoupçonné, canal de Bourgogne… constituent un patrimoine à découvrir tout au long de ce tronçon de la Traversée des Cinq vallées. À Prâlon, avant de franchir le pont sur le ruisseau, un coup d’œil sur la gauche tombe inévitablement sur l’église actuelle enchâssée dans les maisons d’habitation. Il s’agit en fait du chœur de l’ancienne église de l’abbaye de bénédictines fondées ici en 1142 à l’instigation de saint Bernard. Une statue représentant le saint se dresse d’ailleurs au sommet du fronton sur lequel, sous la grande baie ronde, est gravé « 1722 », année d’aménagement de ce chœur à la suite d’importants travaux de rénovation de l’ensemble de l’abbaye.

En 1743, une inondation désastreuse précipitait pourtant la ruine de l’établissement définitivement abandonné par les sœurs en 1755.

Entre Prâlon et Mesmont, le terrain tourmenté de cette région de failles, celle de Mâlain en l’occurrence, forme une barrière naturelle sur laquelle, telle une sentinelle isolée mais imperturbable, veille la ferme château de La Serrée. L’harmonieuse façade du 18e siècle qui se découvre alors ne laisse pas imaginer l’aspect massif des contreforts qui, par derrière, soutiennent les bâtiments de l’exploitation agricole du fait de la brutalité du dénivelé !

Combien semble fragile en regard la petite chapelle construite en 1724 de l’autre côté de la route.

A mi-pente du Mont Saint-Laurent, l’entrée dans Mesmont est également marquée par un mur imposant. La bâtisse du 18e siècle qu’il protège n’a cependant rien à voir avec le château fort qui, autrefois, devait dresser sa silhouette au sommet de ce mont.

Quelques vestiges observés sur place, près de la petite chapelle Saint-Laurent, d’origines carolingiennes, confirment l’existence du site fortifié sans pour autant permettre de préciser davantage. Ce château apparaît cependant sur la peinture murale de l’église de Saint-Seine-l’Abbaye qui relate la vie de saint Seine, fondateur de l’abbaye en 534, dont la famille régnait sur le Mesmontois. Le château représenté sur cette œuvre de 1504, ce qui en fait la plus ancienne illustration de château fort en Côte-d’Or, ressemble toutefois beaucoup au château de Mâlain, celui de Mesmont étant déjà fortement en ruine à cette époque.

Au bas de la Montagne de Rémilly, sur laquelle fut installé un télégraphe de Chappe qui fonctionna de 1835 à 1852 et dont il reste une tour, l’église Saint-Pierre-aux-Liens semble bien isolée. Elle domine en fait le village développé sur le flanc du coteau en contrebas. Le fronton qui surmonte son portail est un hommage moderne à ses origines romanes, mais la statue de saint Pierre qui en occupe l’arcature n’a pas la beauté de celle du 15e siècle qui orne l’intérieur.

En contrebas, le moulin qui enjambe la Sirène prend appui sur la roche granitique dont la résurgence fait la particularité de cette région. Cela explique la présence à proximité d’une ancienne carrière d’où étaient tirés des pavés pour les rues de Dijon. Le sentier ne fait qu’effleurer Barbirey-sur-Ouche bien connu depuis quelques années pour le remarquable jardin du château qui accueille des artistes contemporains. Ce château a été construit comme résidence de plaisance au milieu du 18e siècle avec des pierres provenant, dit-on, de l’ancienne forteresse de Marigny bâtie au 12e siècle sur un éperon surplombant la rive gauche de l’Ouche au-dessus de Saint-Victor-sur-Ouche.

Non loin s’aperçoit la grotte de Tebsima dont le nom viendrait d’un jeune chef arabe converti au christianisme accompagnant le comte Guillaume de Marigny de retour des croisades et devenu plus tard ermite dans cette grotte. Cinquième et dernière vallée de cette traversée, celle de l’Ouche a toujours constitué pour l’homme une formidable voie de communication. À côté de la rivière, la présence du long ruban d’eau du canal de Bourgogne témoigne particulièrement bien de cette opportunité également saisie par la route et, autrefois, le chemin de fer ! Sur ce terrain calcaire si accidenté, le canal de Bourgogne, creusé dans cette partie de la vallée de l’Ouche entre 1822 et 1832 , remonte le dénivelé important au moyen d’une écluse tous les kilomètres jusqu’à La Bussière-sur-Ouche, terminus de cette traversée et début éventuel d’une autre aventure pour qui voudrait lire ou relire Les Etoiles de Compostelle d’Henri Vincenot qui évoque la construction de l’abbaye cistercienne établie en ces lieux en 1131.

© Benoît OUDET, 2012

Côté nature

Dans la première partie du sentier de la Traversée des Cinq Vallées, l’élément paysager marquant est la forêt tandis que, dans cette seconde partie, c’est évidemment les cours d’eau et leurs vallées qui marquent le paysage et qui ont inspiré le nom de ce sentier. Tous convergent vers la vallée de l’Ouche qui sera l’ultime but de la randonnée. Bien que l’ensemble de ces cours d’eau, la Douix, le Pralon, la Sirenne, la Gironde et l’Ouche soient arrosés par les mêmes nuages, chacun d’eux présente une vallée spécifique qui se distingue des autres. Spécificité qui agit également sur la faune qui vit dans ces cours d’eau.

Le premier ruisseau est enjambé à Mâlain. Cela se fait en toute discrétion (point 10 -première partie du tracé) : seul un petit pont maçonné avant le lavoir trahit la présence du Ruisseau de la Douix. Il s’agit pourtant d’un affluent de l’Ouche très intéressant du point de vue écologique.

Le ruisseau qui sort de terre à Baulme-La-Roche en une jolie cascade résulte d’un karst (*1). L’eau très calcaire s’écoule depuis sa source jusqu’au pont de la ligne TGV dans une série de vasques tufeuses. De tous les affluents que croise le randonneur, c’est le seul qui présente ce profil particulier. Par ailleurs, l’environnement préservé du bassin versant fait que le ruisseau dispose d’une bonne qualité écologique. A ce titre, il hébergerait une population d’écrevisses à pattes blanches ; écrevisse protégée et devenue très rare en Côte-d’Or du fait de la concurrence déloyale entre l’écrevisse autochtone et une écrevisse américaine introduite par accident. Le premier kilomètre du ruisseau est à ce titre classé en réserve préfectorale de pêche afin de protéger ce milieu d’une grande qualité. (photo écrevisse)

Le randonneur tombe littéralement sur le cours d’eau suivant. C’est avant Prâlon que l’on parvient sur le Ruisseau de la Prèle qui se jettera plus loin dans le ruisseau de Prâlon comme les ruisseaux de la Goulotte et de la Ripotte. En arrivant sur le ruisseau de la Prèle, le sentier longe, sur deux cents mètres, avant la route goudronnée, un escarpement qui surplombe de quelques mètres les prés de droite. Cet escarpement qui barre le tracé du cours d’eau est en fait le résultat du jeu d’une faille géologique. Cette faille qui traverse tout le bassin versant du ruisseau de Prâlon et forme des verrous rocheux (*2) qui coupent les vallées de chacun des affluents du ruisseau de Pralon

Cette contrainte géologique isole les affluents du reste du ruisseau de Pralon et provoque une discontinuité écologique conséquente du fait du comportement des cours d’eau de part et d’autre de cette faille. En effet, alors qu’en amont de l’accident géologique les ruisseaux sont toute l’année en eau, en aval de celui-ci les assecs (*3) sont fréquents l’été. En 2011 par exemple, les eaux du ruisseau de la Goulotte et de la Ripotte ne parvenaient plus jusqu’au village de Pralon et l’aval des ruisseaux étaient complétement assecs. Dans de telles conditions, les poissons sauvages ont du mal à survivre et seuls les insectes aquatiques ailés colonisent ces ruisseaux.

En troisième position, on rencontre le ruisseau de la Sirène à Remilly-en-Montagne. Celui-là sort d’une buse après avoir parcouru une centaine de mètres sous la fondation de l’ancien moulin (point 6 du descriptif technique de la seconde partie du parcours). Ce ruisseau se nomme la Sirène. La Sirène, malgré son nom, n’est pas si jolie que ça car son eau est souvent turbide (*4) et la montée de ses eaux peut être spectaculaire en cas d’orage. En fait, deux facteurs contribuent à donner ce caractère particulier à la Sirène. D’abord une turbidité élevée qui résulte du fait que le bassin versant (*5) est en partie exploité pour la culture céréalière. Ces sols marneux, bons pour la culture, sont sensibles au lessivage des sols. C’est pourquoi, des particules de sol se retrouvent dans les eaux à la moindre pluie. Le second facteur est lié à l’autoroute A38. En effet, le bassin versant de la Sirène est traversé par l’A38 et les eaux de pluies qui s’écoulent sur la voie rapide sont évacuées dans la rivière. En cas d’orage, un gros volume d’eau peut rapidement rejoindre la rivière et générer une montée d’eau rapide. Ces impacts sur le biotope sont un peu atténués du fait d’une autre particularité du bassin versant. On la découvre à Remilly, le long du sentier, juste avant de franchir le ruisseau. Là, le sentier descend un petit escarpement d’environ 5 mètres de hauteur où la roche affleurante est rose orangé. C’est un granite, semblable à ceux du Morvan. L’affleurement naturel de Remilly est à ce sujet le seul qui existe dans le bassin versant de l’Ouche. A l’inverse du calcaire, le granite est en effet imperméable et difficilement érodé. Aussi, depuis, le point 6, si vous descendez vers le bas du village jusqu’au second pont, vous pourrez constater que le ruisseau prend alors des allures de torrent de montagne du fait de ce fond en granite : l’eau bondit de vasque en vasque en générant, sur trois cent mètres une série du cascades uniques dans la région (photo Remilly). Malgré ces conditions très particulières, la loche franche qui est un petit poisson commun aime se cacher sous les pierres de ce ruisseau. (Photo de loche)

Par la suite, nichée dans son étroite vallée (photo de la vallée), la Gironde se laissera franchir avant d’entrer dans le parc du château de Barbirey. Ce ruisseau-là a une eau limpide car les flancs de sa vallée très boisés et le bocage le préservent du lessivage des sols. Dans le Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Ouche (SAGE *6), cet affluent a été identifié comme un réservoir biologique. Il constitue un réservoir naturel capable d’essaimer l’Ouche avec les espèces aquatiques qui y vivent. Il n’est donc pas étonnant que la truite et le chabot habitent le ruisseau. (Photo du poisson).

Le chabot est rare et c’est un poisson protégé au niveau européen. Sa seule présence suffit à justifier la définition de zones de protections destinées à intégrer le réseau Natura 2000 (*7). La faune et la flore de ce petit vallon sont donc très riches. Prenez donc votre temps avant d’en sortir, d’autant que la montée sera rude jusqu'au dernier cours d’eau.

Enfin, à Saint Victor-sur Ouche, vous croiserez le cours d’eau principal dans lequel se jettent tous les autres.(photo de la vallée de l’ouche) L’Ouche à Saint-Victor est un cours d’eau calme. Les nénuphars qui poussent dans son lit au niveau du pont de Saint Victor-sur-Ouche témoignent de la lenteur du courant. Qui penserait alors que ce cours d’eau placide entaille depuis des milliers d’années le calcaire environnant ? L’Ouche est d’ailleurs la seule rivière qui traverse de part en part la montagne dijonnaise pour rejoindre Dijon.

*1 Karts : Massif calcaire poreux qui s’est constitué du fait de l’érosion du calcaire par l’acidité de l’eau de pluie.

*2 Verrou rocheux : par analogie avec les verrous glaciaires qui sont des structures géomorphologiques qui entravent les vallées glaciaires par un rétrécissement des parois de la vallée.

*3 L'assec est l'état d'une rivière ou d'un étang qui se retrouve sans eau

*4 Turbidité : la turbidité exprime la teneur en éléments solides qui troublent l’eau.

*5 bassin versant : se dit d’une zone géographique où l’ensemble des eaux de pluie tombé sur la zone s’écoulent dans le même cours d’eau.

*6 SAGE : Le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux * (SAGE) est un document de planification de la gestion de l'eau à l'échelle d'une unité hydrographique cohérente (bassin versant).

*7 Natura 2000 : Le réseau Natura 2000 est un ensemble de sites naturels européens. En France, le réseau Natura 2000 comprend 1753 sites.

Conseil Général © 2012, Hervé DEVALLEZ

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