Circuit non itinérant

Localisation

Pont-et-Massène

départ : parking de la plage du lac de Pont

Niveau de difficulté

Moyen

Durée

3h30

Longueur

13 km
balisage jaune
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Le sentier propose de faire le tour du lac de Pont. Tout comme les plans d’eau de Grosbois, de Cercey, de Panthier, de Chazilly, du Tillot et de Chamboux, ce lac artificiel de 80 hectares, créé en 1882, est en fait un réservoir destiné à garantir l’alimentation en eau du canal de Bourgogne. C'est une balade bien rafraîchissante !

Avant de partir, n'oubliez pas de consulter nos conseils de sécurité

Topoguide

Le départ du sentier s’effectue depuis la plage du Lac de pont. Depuis le parking situé le long de la plage, accédez à la plage et partez sur votre droite en passant devant le bâtiment sanitaire.

1 Au bout de la plage, empruntez le petit chemin qui longe la berge.

2 200 m après l'embouchure de la première source, montez sur la butte à droite par le sentier.

3 Franchissez la passerelle et prenez sur votre gauche (le balisage sur la droite conduit au village de Montigny-sur-Armançon).

4 Quittez le grand chemin pour poursuivre le sentier le long du lac.

5 Ne prenez pas le sentier balisé qui monte à droite mais poursuivez tout droit en longeant les berges du lac.

6 Franchissez la dernière passerelle puis remontez vers votre point de départ par l'allée bordée d'arbres.

Côté patrimoine

L’ambiance marquée « nature » du lac de Pont dont la masse d’eau plane contraste avec la verticalité des berges pourrait faire oublier sa complète artificialité tant il paraît s’inscrire normalement dans ce paysage creusé par l’Armançon. Il suffit pourtant de passer de l’autre côté de l’impressionnante barrière que constitue le barrage de la fin du 19e siècle pour découvrir le profil initial de la rivière au fond de l’étroite gorge. C’est d’ailleurs cette dernière configuration qui offre au site de Semur-en-Auxois, à peine plus loin vers l’aval, son aspect si remarquable. L’Armançon, justement, est l’une des clés de cette aventure extraordinaire sans laquelle le lac n’existerait pas : la réalisation d’une voie d’eau intérieure joignant la Méditerranée à Paris ! C’est à François 1er (Cognac 1494 - Rambouillet 1547), Roi de France de 1515 à 1547, qu’est attribuée l’idée de « relier la Seine au Rhône pour acheminer le vin en quelques jours à la capitale »… et surtout de s’affranchir des « Colonnes d’Hercule », nom imagé et antique du détroit de Gibraltar alors contrôlé par les marines espagnoles et anglaises ! Pourtant, c’est en 1764 seulement que le tracé définitif permettant à un tel canal de navigation de franchir la « montagne » de Bourgogne est arrêté, après bien des projets et un retour à la proposition initiale par les vallées de l’Armançon, côté Yonne (bassin de la Seine), et de l’Ouche, côté Saône (bassin du Rhône). Et il faudra encore attendre le 28 décembre 1832 pour que les trains de bateaux traversent enfin le seuil de Bourgogne sous la voûte de Pouilly-en-Auxois... et affrontent les 189 écluses qui permettent à cette voie d’eau plate de 242 km de gravir les gradins orientaux du bassin parisien ! Parfois loin de l’Armançon pourtant, car la rivière n’invite guère à la compagnie au fond de sa gorge étroite autour du rocher de Semur… 

Mais un canal aussi haut, avec un dénivelé si important, a toujours soif ! Et en quantité ! Il lui faut donc d’énormes réservoirs bien placés pour l’alimenter à ses points les plus élevés et aux points de fuite importants. Le lac de Pont vient donc achever le dispositif d’alimentation en eau du canal en plus des lacs-réservoirs comme Panthier ou Grosbois. Il s’avère par ailleurs d’autant plus nécessaire que la dimension des écluses vient à être augmentée à cette époque pour permettre l’utilisation du canal par des bateaux plus volumineux. Construit de 1878 à 1883 sur les plans de l’ingénieur en chef Bazin, le barrage se révèle être une œuvre technique remarquable à l’esthétique soignée. En créant une retenue d’une capacité de 3 millions de m3, il permettait enfin d’assurer l’indispensable apport en eau constamment demandé par le canal sur les 94 km séparant Rougemont, à la limite du département, et Laroche-Migennes, son point d’arrivée au confluent de l’Armançon et de l’Yonne. Ce faisant, le lac nouvellement créé devait également profiter à la ville de Semur-en-Auxois en participant à son alimentation en eau potable et en devenant un agréable lieu de promenade.

Conseil Général © Benoit OUDET

Côté nature

Le monstre de la queue du lac

Le sentier propose de faire le tour du lac de Pont. Tout comme les plans d’eau de Grosbois, de Cercey, de Panthier, de Chazilly, du Tillot et de Chamboux, ce lac artificiel de 80 hectares créé en 1882 est en fait un réservoir destiné à garantir l’alimentation en eau du canal de Bourgogne. Il est toutefois le plus encaissé des six avec des berges rocheuses parfois escarpées. Le lac est alimenté par l’Armançon, un cours d’eau capricieux qui s’est parfois illustré par des crues aussi subites qu’importantes en aval du barrage. La géomorphologie du site permet de comprendre pourquoi. L’Armançon prend sa source à proximité de Pouilly-en-Auxois et s’écoule paisiblement vers le nord sur une trentaine de kilomètres avant d’atteindre le lac, d’abord dans une plaine calcaire typique de l’Auxois puis, aux environs de Beurizot, sur un substrat marneux (calcaire+argile) plus imperméable. Durant tout ce trajet, la rivière reçoit de nombreux affluents. Or, à proximité de Montigny-sur-Armançon, la rivière entre en contact avec les granites morvandiaux beaucoup plus anciens, qui sont des roches volcaniques imperméables et difficiles à éroder qui forment aujourd’hui un bombement de terrain, certes à peine perceptible d’une trentaine de mètres plus haut en altitude que la plaine en amont, mais qui constitue un obstacle naturel difficile à franchir. Le cours d’eau n’a pu s’y faire qu’un passage resserré formant un étroit défilé, large de seulement quelques centaines de mètres. Lors des périodes de fortes pluies, tout se passe comme lorsque l’on comprime l’eau d’un tuyau d’arrosage pour la projeter loin. Sur les secteurs marneux en amont du défilé, l’eau s’accumule dans de grands volumes en raison de la dimension importante du bassin versant de l’Armançon. Lorsque ce volume d’eau arrive à l’entrée de la zone resserrée, il est stoppé dans son élan et se trouve alors physiquement accéléré par les effets combinés de la pression, du volume d’eau et de l’étroitesse du défilé. 

Le contexte particulier de ce réservoir n’est par ailleurs pas sans incidence sur la faune et la flore du lac. En effet, alors que les végétaux aquatiques sont très présents sur les pentes douces des autres réservoirs, la forte déclivité des berges empêche ici l’accumulation de vase qui permettrait de les accueillir. En revanche, à la queue du lac, là où se jette l’Armançon, la vie foisonne et les végétaux y sont particulièrement présents. Lors des épisodes pluvieux qui n’engendrent pas de montée des eaux conséquente, la rivière se charge en effet de limons et de débris de toute nature et elle les charrie vers le lac. A l’entrée de ce dernier, la diminution de la vitesse du courant ne permet plus de charrier ces particules qui se déposent alors et se sédimentent progressivement. Ces dépôts épais permettent ainsi à la flore de s’installer et de proliférer. La faible profondeur permet par ailleurs à l’eau de se réchauffer plus rapidement que sur le reste du lac ce qui accentue encore le développement végétal. Seul le chenal du cours d’eau où le courant est plus fort reste vierge de cette colonisation. 

La queue du lac est par ailleurs le lieu de reproduction de nombreux poissons. Au printemps, de nombreuses espèces remontent le chenal pour atteindre cette « jungle végétale » et s’y reproduire. Les très grosses carpes y font notamment un remue ménage visible à la surface par le déplacement brutal des végétaux ou par des sauts bruyants. Plus tard dans la saison, l’endroit sert de nurserie, les petits poissons se nourrissant de micro-organismes et d’algues très présents à cet endroit. Cette zone a également l’avantage de les protéger des carnassiers ailés ou à nageoires, plus prisés des pêcheurs. L’un d’entre eux est digne du monstre du Loch Ness : il s’agit du silure. C’est en effet le plus gros des poissons d’eau douce vivant en France ; il peut dépasser deux mètres en eaux bourguignonnes ! Lors de la dernière vidange décennale du barrage en 2004, plusieurs spécimens de grande taille ont été capturés. Toutefois, le silure ayant des mœurs nocturnes, le monstre demeurera invisible aux yeux du randonneur !

Conseil Général © Hervé DEVALLEZ

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