Circuit non itinérant

Localisation

Poncey-sur-l'Ignon

départ : Place de l'église

Niveau de difficulté

Moyen

Durée

3h30

Longueur

13.5 km
balisage jaune
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Poncey-sur-l’Ignon est l’écrin de deux sources. La Seine s’ouvre vers la Manche et l’Ignon se tourne vers la Méditerranée. Tous deux prennent naissance dans un environnement forestier classé Natura 2000. Il invite à découvrir un site encore sauvage abritant une source d’eau pure cascadant sur les rochers. Cet espace naturel très varié offre une grande diversité d’espèces de faune et de flore ; peut-être aurez-vous la chance d’observer une pie grièche écorcheur ou d’apercevoir un chabot.

Topoguide

1 De la place de l'Église, en regardant celle-ci, descendre à droite la rue Haute (piéta encastrée dans le mur à droite).A la D 26, prendre à droite (prudence !).

2 Juste avant le pigeonnier, emprunter à gauche la rue du Pont puis, encore à gauche, le chemin du Château. Passer sous la ligne électrique et entrer en forêt. Passer à droite de la cabane de chasse. 
A 200 m environ, suivre une piste herbeuse à gauche et contourner une combe.  À l'extrémité de celle-ci, suivre le deuxième chemin à gauche. 

3 Tourner à droite et emprunter le sentier « la Marche à l'Etoile » balisé en rouge. À 1 km environ, longer des cultures.
Au croisement, prendre à gauche. En arrivant en lisière de prés, tourner à droite et continuer en limite de forêt en direction de Champagny.

4 En arrivant sur la petite route, monter à droite en suivant le GR®2. A l'intersection suivante, prendre à droite. A la croix, continuer tout droit, puis entrer en forêt.

5 Quitter le GR®2 en tournant à gauche. A 300 m environ, emprunter à droite une sente peu marquée. En sortant de la forêt, contourner la parcelle déboisée par la droite, passer sous la ligne électrique. Vers le poteau, reprendre à gauche le long de la parcelle sur 20 m environ et suivre la sente dans la forêt. En sortant de celle-ci, gagner le bord de la D 971. La longer à droite sur 100 m (prudence !).

6 Retrouver le balisage du GR®2, tourner à droite sur la D 26. Dans le virage, suivre à droite le petit sentier descendant aux sources de l'Ignon. Au bas, près du banc, tourner à droite. Traverser plusieurs ruisseaux au pied des sources (dépôt de tuf, calcaire très léger, plantes rares protégées).

7 En arrivant sur le large chemin, quitter le GR®2 et prendre à gauche. À la D 26, prendre à droite prudence !).
Passer près du lavoir et du pigeonnier. Remonter au parking par la rue Haute.
Parking : Place de l’Eglise.

 

Patrimoine

Très proches des sources de la Seine, sur le versant ouest du même plateau qui leur donne naissance, les sources de l’Ignon, sur le versant est, sont moins célèbres malgré la beauté sauvage plus imposante et plus abrupte du site. Mais la Seine, qui s’écoule vers le nord, est un fleuve prestigieux et l’Ignon, une petite rivière qui s’écoule vers le sud pour rejoindre la Saône !

Cependant, ses caractéristiques et son débit ont été largement et immédiatement exploités par l’homme, à l’exemple de l’extraction du tuf, pierre calcaire très légère qui prend ici le nom de « ponce » (sans ressemblance toutefois avec la pierre ponce d’origine volcanique) d’où serait issu le nom du premier village établi sur l’Ignon : Poncey-sur-l’Ignon.

La coupole en tuf de l’église de ce village en est l'un des derniers témoins. Elle couvre la nef de plan centré d’un monument étonnant construit de 1785 à 1788, bien dans l’air du temps, par l’architecte Pierre-Jean Guillemot, architecte sous-ingénieur des Ponts et Chaussées de la province de Bourgogne. Elevée sur un terrain vierge, l’église Saint-Barthélemy remplace alors un édifice plus ancien situé en haut de la colline où se trouve toujours le cimetière, probable emplacement d’origine du village. Elle achève ainsi la migration des habitations et bâtiments agricoles de la hauteur vers la rivière du fait du développement de l’activité économique.

 

L’harmonieux lavoir édifié plus tard à proximité de l’église confirme bien cette évolution de la communauté villageoise de Poncey. Avec son jumeau, un peu plus bas dans le village, il a été construit de 1847 à 1849 par l’architecte dijonnais Auguste Sirodot. A l’intérieur, bien éclairé par cinq baies en plein cintre, un long bassin offre aux lavandières un confort impossible sur les bords de l’Ignon. A l’extérieur, une fontaine aménagée devant la baie centrale permet d’alimenter deux abreuvoirs destinés au bétail. 

 

L’eau jaillit de la gueule farouche d’un dauphin de fonte dont la facture raffinée souligne la qualité de l’ensemble. En amont et en aval du village, cinq anciens moulins rappellent bien l’exploitation de la force motrice de l’Ignon au plus près de ses sources. A leurs productions de farine de céréales et d’huile de navette, il faut ajouter, ce qui est plus exceptionnel, celle du papier.

 

Poncey peut même se prévaloir d’avoir été l’un des premiers centres de production de papier en rouleaux en continu en France grâce à la « machine à fabriquer du papier sans fin » mise au point en 1811 par Ferdinand Leistenschneider, d’origine lorraine. Mais c’est après Poncey, à partir de Pellerey, que la puissance de l’Ignon a été utilisée pour une activité plus célèbre encore, celle des forges (Moloy, Tarsul, Villecomte notamment…) qui caractérise sa vallée jusqu’à sa confluence avec la Tille, après Is-sur-Tille. Les forges de la vallée de l’Ignon constituent des lieux de production représentatifs de l’histoire de la métallurgie en Côte-d’Or et font partie de tous ces établissements qui ont été actifs dans le nord du département entre le 17e siècle et le milieu du 19e siècle avant que les concentrations de ce siècle et les grandes entreprises ne les condamnent à la fermeture.

Bien loin de l’Ignon, à l’autre extrémité de la boucle du circuit, le village de Champagny est aujourd’hui bien connu pour son école-musée. Celle-ci est restée telle qu’elle était à sa fermeture en 1954, soit presque cent ans après son ouverture en 1856 ! Le mobilier d’excellente qualité installé à cette date ne fut jamais retouché par la suite. On y trouve toujours toutes sortes de détails amusants comme les ardoises fixées aux tables pour servir de brouillon ou les leçons inscrites à la craie blanche sur les tableaux.

Conseil Général © Benoit OUDET

Nature

En parcourant le sentier des Sources de l’Ignon, vous allez découvrir le « Seuil de Bourgogne », selon la dénomination donnée par les géologues à un vaste secteur géographique situé entre les cuestas*1 du Châtillonnais et le bassin d’effondrement de la Saône.

« Seuil » car, en effet, il s’agit d’un secteur où, en Côte-d’Or, l’altitude est élevée (500 m en moyenne) par rapport au reste du département. La rigueur de l’hiver est ici plus marquée et la pluviométrie est importante (la ville de Langres distante d’une soixantaine de kilomètres est d’ailleurs réputée pour son climat rigoureux). On dit parfois de ce secteur qu’il est le château d’eau de la France du fait des nombreuses sources qui jaillissent formant des rivières qui s’écoulent, soit vers la Méditerranée, soit vers la Manche. Ainsi, la Tille qui reçoit les eaux de l’Ignon se jette dans la Méditerranée alors que la Seine qui prend naissance sur ce même seuil, à moins de cinq kilomètres du départ du sentier se jette, elle, dans la Manche.

Les Sources de l’Ignon sont certes moins célèbres mais pourtant aussi intéressantes que leurs prestigieuses voisines.

Pour rejoindre les sources depuis le départ du sentier, vous traverserez la forêt de Poncey, puis longerez la très jolie vallée du ruisseau de Champagny pour enfin découvrir les sources de l’Ignon nichées dans leur amphithéâtre de verdure. Du point de vue paysager, les sources s’écoulent au fond d’une dépression qui ressemble beaucoup aux reculées connues dans le Jura, bien que les proportions du site soient plus modestes. La vallée possède en effet des flancs étroits et escarpés d’une cinquantaine de mètres de hauteur. Le début de la vallée présente une forme circulaire qui renforce la ressemblance avec les reculées. Le fond de la dépression qui est dédiée aux pratiques agricoles contraste avec les flancs boisés. 

Une fois au cœur du site, regardez comme les galets ou les brindilles tombées dans l’eau sont par endroit encroutés par une matière blanchâtre. Ces dépôts de calcaire donnent aux Sources de l’Ignon l’appellation de sources tufeuses. Il faut en effet savoir que le Seuil de Bourgogne est une région calcaire où l’eau de ruissellement s’infiltre rapidement.

La roche, fracturée par des événements géologiques anciens, facilite cette infiltration. Plus profondément, la nature du calcaire change et l’eau poursuit sa descente dans des calcaires dits « hydrauliques ». Sur ce second niveau, l’eau de pluie, légèrement acide, agit en dissolvant la roche petit à petit. Ainsi, au fur et à mesure de l’infiltration, l’eau se charge en éléments chimiques et notamment en calcium. Lors de l’exsurgence de l’eau, l’apport d’oxygène présent dans l’air intégré à l’eau par le brassage des courants et petites cascades permet au calcium dissous durant la traversée des couches géologiques de se solidifier à nouveau sous la forme de calcaire. C’est ce qui donne la couleur blanchâtre au substrat du fond des sources. 

Les dépôts sont estimés par endroit entre 10 et 20 m d'épaisseur, ce qui est tout à fait exceptionnel et fait des sources de l'Ignon l'un des quatre sites majeurs en France où ce processus est encore actif. A noter que ces dépôts calcaires donnent une roche appelée « Travertin » qui, très réputée pour la construction, n'a cependant pas été exploitée ici. Le caractère conséquent de ces dépôts ne serait possible sans la présence de vie. De la même manière que le corail en se développant est capable de générer une barrière de corail induré, sur les Sources de l'Ignon, c'est à des mousses et des végétaux très spécialisés que l'on doit une telle épaisseur de calcaire. En effet, des petites mousses utilisent le gaz carbonique libéré par la réaction chimique (*2) pour se développer. Portant le nom de « cratoneuron », ces mousses jouent un rôle de catalyseur dans le processus chimique. Par ailleurs, une fois leur cycle de vie achevé, le squelette de la plante sert de support à la concrétion du calcaire. C'est ce qui permet la formation de vasques tufeuses qui retiennent l'eau d'une manière très caractéristique (voir schéma). La présence de ces mousses très remarquables a d'ailleurs conduit le site des Sources à être classé « site d'intérêt européen –Natura 2000 ».

En terminant votre parcours dans ce site majestueux, souvenez-vous que ces petites mousses sont précieuses.

 

Conseil Général © Hervé DEVALLEZ

 

*1 Cuesta : forme de relief qui présente d'un coté un plateau légèrement incliné et de l'autre coté une pente raide inclinée en sens inverse les cuesta se rencontre fréquemment en bordure des bassins sédimentaires *2 Réaction chimique se produisant lors de la cristallisation du calcaire :

 

CaCO3 + CO2 + H2O⇔Ca2+ + 2(HCO-3) Calcaire+gaz carbonique +eau ⇔calcium+hydrogénocarbonate de calcium

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