Circuit non itinérant

Localisation

Massingy-lès-Semur

départ : intersection de la RD954 et la voie communale qui provient de Massingy-les-Semur

Niveau de difficulté

Facile

Durée

1h30

Longueur

4 km
balisage jaune
Fichier KML Fichier GPX
Signaler un
problème
Imprimer / télécharger

Le Sentier des Quint'essences chemine le long de prairies verdoyantes jusqu'aux flancs d’une colline au sommet boisé. De vallons en ruisseaux, sillonnez au coeur de la richesse naturelle de l’Auxois.

À éviter en période de chasse (de mi-septembre à fin février les jours concernés).

 

Avant de partir, n'oubliez pas de consulter nos conseils de sécurité

Topoguide

 Le départ du sentier se trouve à l'intersection de la RD954 et de la voie communale qui provient de Massingy-les-Semur. Une fois parvenu au panneau de départ, prendre la petite route goudronnée qui grimpe vers la gauche du panneau de départ.

1 En haut de la montée, prendre le chemin empierré à gauche qui vous permet de découvrir le plateau, puis redescendre jusqu'à la RD954. 

2 Traverser la route départementale pour emprunter la petite route goudronnée. Il faut être vigilant lors de la traversée de route qui est passante à certaines heures.

3 Après environ 300m, prendre le sentier sur la gauche qui descend vers le ruisseau, puis le poursuivre jusqu'au point de départ.

 

Côté patrimoine

Ce petit circuit fortement connoté « patrimoine naturel », ne serait-ce que par son nom, est également l’occasion d’approcher un univers patrimonial plus inhabituel qu’il n’est pas toujours évident de comprendre : celui que révèle la toponymie !

Car chaque lieu-dit, chaque entité paysagère nommément désignée recèle sa propre réalité dans son nom… A condition toutefois d’en percer les mystères… Cette réalité peut être la forme ou les qualités particulières du terrain, la présence d’un élément en élévation - bâti ou végétal -, le nom d’un propriétaire ou encore un usage ancien ayant contribué à façonner le paysage d’aujourd’hui. Retrouver dans ce dernier ce qui a justifié ce nom est un exercice à la fois intéressant et souvent déroutant tant le paysage a pu être transformé.

Commençons par Massingy-lès-Semur, commune sur laquelle se développe le circuit. A première vue, le patrimoine y est plutôt constitué par l’église des 13e et 16e siècles - dont la porte sud est ornée d’un Saint Pierre assis du 14e siècle portant une énorme clé -, la mairie-école du 19e siècle - transformée en salle des fêtes -, les anciennes fosses à rouir le chanvre ou la maison de l’écrivain Charles Péguy. Les habitants ajouteront sans hésiter la mare du village en rappelant, à juste raison, qu’elle est à l’origine du nom du village, Massingy dérivant de la racine celtique marco qui a donné « marais » et « mare ». En ajoutant à cette origine le superbe marronnier devant l’église (dont on dit qu’il aurait été planté à la Révolution !), le village paraît donc former une bonne introduction au sentier des Quint’essences et à la découverte qu’il offre de la végétation et des toponymes traversés !

Les premiers mètres du sentier donnent le ton en gravissant la légère pente de la combe Lâ ! Voilà un nom bien étrange qu’il faudrait probablement rapprocher du lieu-dit « Le Lait » sur la hauteur voisine occupée par un bosquet. En fait, loin des associations avec un vocabulaire moderne, ces termes peuvent désigner un terrain en pente (dérivé du latin latus) mais également un terrain bordé de haies (dérivé de la forme lée, sentie avec une voyelle longue et rattachée à haie), quand ils ne désignent pas la haie principale qui organise la division générale des terrains à vocation agricole !...

Plus loin, « Les Fosses » renvoient plutôt aux anciens modes d’exploitation agricole si on le rapproche de son origine latine - fascia – qui signifie « baguette », le terme, sous cette forme, désignant souvent dans le nord du département des terrains partagés en lanières étroites et assez allongées plutôt que des endroits en creux. Toutefois, l’exercice touche là une de ses principales difficultés car ce même nom peut également évoquer d’anciennes mines, des trous naturels comme des trous destinés à recevoir les animaux morts, et plus particulièrement les animaux morts de manière suspecte…

Autre nom apportant une double possibilité : « Les Planches ». En patois, ce terme désigne souvent de petits ponts permettant de circuler plus facilement dans des prés humides parcourus de petits ruisseaux. Le terme est alors étendu à l’ensemble du terrain. Toutefois, il peut aussi rappeler l’usage de labour en planches utilisées pour des terrains cultivés, les « planches » correspondant aux bandes de terre de largeur identique labourées à chaque passage de la charrue, le terme technique s’étendant à la parcelle cultivée. Dans la descente, le Creux, quant à lui, s’explique plutôt par la configuration du terrain de ce lieu-dit qui correspond à une petite combe. L’humidité régnant dans celle-ci favorise un autre rapprochement avec l’autre désignation de ce terme qui est celle de la mare, de trou d’eau (crot) !

Quant aux Champs de l’Enfer autour desquels tourne le circuit, faut-il chercher là une quelconque diablerie ou plutôt considérer l’appellation comme appliquée à un lieu de mauvaise réputation ? A moins qu’il n’y ait là quelque trou caché, voire une ancienne grotte qui serait la porte des Enfers ?

Conseil Général © Benoît OUDET

Côté nature

Quand la nature ordinaire est riche de biodiversité

Le Sentier des Quint’essences chemine au sein de prairies d’élevage ceinturées de haies puis sur les flancs d’une colline au sommet boisé. Enfin l’on descend dans un léger vallon en longeant un ruisseau depuis sa source jusqu’à sa confluence avec un autre ruisseau. Chacun de ces éléments naturels contribue à la biodiversité et donc à la richesse écologique de ce paysage typique de l’Auxois. 

Au premier plan, la haie est l’élément fort et le plus riche de ce paysage. Ce réseau de haies, qui forme ce que l’on appelle le bocage, a été mis en place par les paysans du début du 19ème siècle. En effet, à cette époque, la baisse de la rentabilité de la polyculture associée aux ravages du phylloxéra détruisant les vignes de l’Auxois conduisent le territoire à s’orienter vers l’élevage bovin. Les fils barbelés n’existaient pas encore et c’est la haie vive qui a été privilégiée pour le parcage des animaux.

Le paysage de bocage s’est alors beaucoup développé, pour ensuite décliner avec la mécanisation agricole de la deuxième moitié du 20ème siècle qui permit la mise en culture des anciennes prairies d’élevage. Le long du sentier, ces haies anciennes sont bien préservées. Elles présentent aujourd’hui encore un fort intérêt écologique car elles constituent des habitats naturels (*1) pour de nombreuses espèces animales et végétales. On observe de bons ourlets herbacés à leurs pieds puis une strate arbustive riche en essences locales et enfin quelques arbres de haut jet. Ces trois niveaux sont autant d’étages habités par des familles animales différentes. Lapins, escargots ou belettes au pied, pinsons, merles et grives dans les niveaux intermédiaires et enfin buses, pigeons ou chouettes dans les étages supérieurs. 

Il faut savoir par ailleurs que les haies sont profitables au bétail : elles lui offrent un coupe-vent et de l’ombre tout en procurant un cadre sécurisant. Des études montrent qu’en favorisant ainsi la quiétude des bovins, ceux-ci produisent un lait de meilleure qualité et une meilleure viande.

Plus haut sur la colline, on pénètre dans un espace boisé plus propice à d’autres espèces animales et végétales. Y cohabitent ainsi le campagnol roussâtre, le blaireau, le chevreuil, des champignons et des plantes forestières comme l’anémone des bois.

Plus loin le long du ruisseau, ce sont de nouvelles espèces qui sont observables : libellules, grenouilles rousses et, peut-être, couleuvres à collier. Après avoir franchi la route départementale, le ruisseau se jette dans un cours d’eau suffisamment important pour accueillir des martins-pêcheurs ou des poissons comme la truite et le chabot.

Cette mosaïque assez complète d’éléments naturels permet à une grande variété d’espèces animales et végétales de se développer. C’est une grande règle de l’écologie : la variété des habitats est propice au maintien de la biodiversité. La persistance des haies comporte donc un enjeu écologique fort et c’est la raison pour laquelle les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à les maintenir, et même à les replanter.

Conseil Général © Hervé DEVALLEZ

(*1) Habitat naturel : milieu naturel qui réunit les conditions de vie nécessaires à l’existence d’une ou de plusieurs espèces animales ou végétales. 

Carte interactive
  •  Hôtels
  •  Chambres d'hôtes
  •  Locations de vacances
  •  Hébergements collectifs
  •  Campings
  •  Aires de camping-car
  •  Restaurants
  •  Sites et monuments
  •  Musées
  •  Parcs et jardins
  •  Offices de tourisme
  •  Restaurants
  •  Producteurs
  •  Caves
  •  Aires de pique-niques
Chargement...