Lavoir - utilisation

Carosses et tablettes au lavoir à Saint-Martin-du-MontBassin du lavoir

Au 19e siècle, avec les progrès en matière d’hygiène, apparaît le lavoir, seul endroit où les femmes se retrouvaient entre elles. Il occupait une place importante dans la vie du village, la situation sociale des utilisatrices y apparaissant au grand jour par la qualité et l’état du linge et par le fait que seuls les notables employant des domestiques ou des lavandières n’allaient pas au lavoir. D’où l’expression : « Laver son linge sale en famille ». L’usage du lavoir ne se perd qu’à partir des années 1960 avec l’apparition de la machine à laver. La lessive prenait plusieurs jours et était faite 2 à 5 fois par an, aux époques où il y avait peu de travaux aux champs. Le linge à blanchir était mis à tremper à la maison puis disposé dans une cuve en bois ou en pierre. Alterné avec des sacs de cendre et des plantes lessivielles telle la saponaire, il était ensuite arrosé d’eau chaude que l’on récupérait, réchauffait et reversait. Cette opération nommée coulage durait une journée avant l’invention de la lessiveuse au début du XXe siècle. Au lavoir, les lavandières travaillaient généralement agenouillées au bord du bassin, les genoux protégés de l’eau par une caisse en bois appelée carrosse et garnie de paille ou d’un coussin. Cependant, certains lavoirs ont un bassin haut qui permettait de travailler debout, dans une position plus confortable. Le linge était savonné, frappé à l’aide d’un battoir pour faire pénétrer le savon et brossé. Rincé et égoutté, il était ramené au domicile pour le séchage dans le jardin ou dans le grenier. Une lessive demandait souvent plusieurs allers-retours au lavoir. Le linge mouillé était transporté à l’aide d’une brouette, le lavoir pouvant être éloigné même si certains villages possèdent un lavoir par quartier.

Conseil Général © Marie-Laure GRUNENWALD

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