Le Morvan

Caractéristiques géomorphologiques

En opposition aux vastes bassins sédimentaires et aux reliefs calcaires s’érigent progressivement les contreforts du Morvan. Le calcaire a cédé la place à une roche plus dure et plus acide. Nous nous trouvons ici face à l’affleurement du socle hercynien, depuis la Vallée du Serein au nord, jusqu’au bassin d’Epinac au sud.

Les pluies ruissellent sur ce versant du Morvan pour se déverser sur le bassin de la Seine ou de la Saône.

Le paysage est façonné par une pratique pastorale et une sylviculture contraintes par les conditions géologiques et hydrologiques : omniprésence de l’eau, sol hérité de la dégradation de roches granitiques et de l'activité organique, climat marqué par une très forte influence continentale, tous ces paramètres conditionnent la présence d’espèces végétales dont l’homme au cours des siècles a su tirer avantage.

Le bas-Morvan s’échelonne ici de 350 à 500 m d’altitude. Depuis l’Auxois et la terre pleine, le relief prend progressivement ses marques dans le paysage témoignant d’une progressive ascension vers les sommets du Morvan. Le point culminant du Morvan central atteint presque 720 m d’altitude.

Types de milieux

Les paysages sont l’héritage de pratiques séculaires. Les reliefs marqués de ce territoire sont le siège de la production forestière alors que les fonds de vallon et les zones plus praticables permettent l’exploitation d’un élevage principalement bovin. Ces activités ont déterminées l’existence de milieux naturels spécifiques.

L’eau, le sol et le relief restent cependant la trame de fond de l’expression de ces milieux. Ainsi au fil des siècles, à la faveur d’une topographie suffisamment conciliante, l’homme a façonné des prairies plus ou moins marquées par la persistance de l’eau. Sur les pentes douces, où l’eau ruisselle, les sols restent suffisamment sains et permettent une pratique d’élevage traditionnelle. Une trame bocagère relativement bien conservée organise ce panorama.

En fond de vallon, là où l’eau perdure presque tout au long de l’année, la végétation prend une forme particulière, les prairies humides et acides sont riches en espèces que l'on trouve habituellement dans les marais tourbeux, et sont plus souvent entretenues par la fauche ou le pâturage de fin de saison.

Plus bas, à la faveur d’une topographie en dépression et de sous-sol imperméables, les prairies laisseront place à des zones encore plus humides voire à des étangs.

A l’inverse, les reliefs seront eux souvent marqués par la forêt, entretenue de façon plus ou moins extensive. Le choix de l’espèce cultivée marquera son empreinte dans le paysage. Le sol relativement ingrat laisse peu de choix au forestier : le hêtre et le douglas formeront ainsi l’essentiel des massifs forestiers.

© Conservatoire d'Espaces Naturels Bourgogne

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