La Côte et l'Arrière-Côte

Dominant la plaine de la Saône, la Côte, qui s’étend de Dijon à Beaune, permet de voir au loin le massif jurassien et le massif alpin. Toutefois, prenez garde si vous apercevez le mont Blanc, cela présage souvent de l'arrivée de la pluie le jour suivant ! L'entité « Côte et Arrière Côte » est délimitée au nord et à l'ouest par la vallée de l'Ouche. Elle s'étend au sud jusqu'aux vallées de la Cosanne et de la Dheune. Le nom du département de la Côte-d'Or fait référence à la couleur dorée que prend son vignoble en automne.  Bien connu pour les breuvages qui en découlent – mais surtout qui en coulent ! – la Côte de Dijon à Beaune possède aussi une importante richesse paysagère, floristique et faunistique. Le fort intérêt des habitats naturels a d’ailleurs justifié la mise en place d’une Réserve naturelle nationale et de plusieurs sites Natura 2000.

Le vignoble occupe l'essentiel de la Côte et s'étend sur quelques centaines de mètres sur les replats de la plaine de la Saône. Par endroit, il s'enfonce dans l'Arrière-Côte, à la faveur de versants bien exposés. C'est notamment le cas du vignoble des Hautes Côtes de Nuits. En plus des paysages dignes de cartes postales, vous pourrez y observer tout le cortège des espèces fréquentant les milieux ouverts : Linotte mélodieuse, Bruant zizi, Fauvette grisette, Étourneau sansonnet, Faucon crécerelle, Alouettes lulu et des champs.

De nombreuses combes calcaires découpent la Côte. Ces milieux accidentés accueillent l'une des espèces les plus emblématiques de la Côte-d'Or, le Faucon pèlerin. Le Martinet à ventre blanc (ou Martinet alpin) est également une espèce typique des falaises. Le cirque du Bout du Monde abrite la seule colonie connue du département.
Au fond de certaines combes s'écoulent de petits ruisseaux aux eaux limpides. L'eau, au cours de son trajet pouvant atteindre plusieurs kilomètres dans le sous-sol calcaire, également appelé karst, se charge en calcaire dissous, à l'origine des formations tufeuses. Dans les ruisseaux, le tuf forme des « coussins » typiques des cours d'eau calcaires. L'eau s'écoule alors au gré de ces escaliers naturels : toutes les conditions sont ainsi réunies pour accueillir le Cincle plongeur.

Moins naturelles que les combes, mais tout aussi minérales, les carrières entaillent la Côte ici et là. On y extrait notamment le célèbre calcaire de Comblanchien. Ces milieux totalement artificiels et nouvellement créés, dont l’accès est souvent réglementé, peuvent convenir au Grand-duc d'Europe, le plus grand des rapaces nocturnes de notre continent.

Au sommet de la Côte, en rupture de pente, les pelouses calcicoles marquent la transition entre le vignoble et les grandes étendues forestières du plateau. Ces milieux ouverts parsemés de zones buissonnantes sont occupés par le Rossignol philomèle, l’Accenteur mouchet, le Pouillot fitis, le Pipit des arbres, la Pie-grièche écorcheur ou encore l’Engoulevent d’Europe ou le majestueux Circaète Jean-le-Blanc.

En s’enfonçant dans l'Arrière-Côte, la forêt devient omniprésente, tout comme dans les fonds de combes. On peut y entendre alors le chant sonore du Coucou gris, celui plus métallique du Pouillot siffleur ou encore les notes discrètes du Grimpereau des jardins ou du Roitelet à triple bandeau.

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