Couvrant au moins 20 % du département, les prairies sont variées et, comme la plupart des milieux naturels ou semi-naturels dans notre cas, dépendent étroitement du substrat sur lequel elles se développent. 

Il s’agit de milieux dominés par des plantes herbacées sur des sols assez profonds, dont le maintien est assuré par des pratiques agricoles de fauche et/ou de pâturage, et qui auraient tendance à se boiser sans ces interventions.
 
En Côte-d'Or, quatre grands types de prairies peuvent être distingués :
 
Sur les sols humides, acides et plus ou moins tourbeux du Morvan (pauvres en éléments nutritifs), se développent des prairies dites « para-tourbeuses » abritant à la fois des espèces végétales typiques de prairies (Scorsonère des prés et Cirse des prairies) et de marais (notamment des joncs). Sur les sols calcaires, en conditions humides, ces prairies abritent la Gentiane pneumonanthe ou l’Epipactis des marais.
 
Sur des terrains calcaires à légèrement acides, riches en substances nutritives, des alluvions des grandes vallées inondables, les prairies abritent tout un cortège d’espèces végétales liées à la fréquence des crues. La durée des inondations est à l’origine de cortèges très différents :
 
-        la Fleur de coucou, l'Oenanthe fistuleuse et la Gratiole officinale se plaisent dans les dépressions longuement inondées (les prés prennent alors souvent un aspect de marais),
-        la Fritillaire pintade, la Cardamine des prés, et le Séneçon aquatique se rencontrent sur les sols qui ressuient plus rapidement.
 
La flore typique des prairies des sols moyennement humides est à son optimum quand la fauche est pratiquée. On y observe alors de nombreuses graminées, ainsi que la Marguerite ou la Colchique d’automne.
 
Les prairies des petites vallées développées sur des alluvions calcaires, riches en substances nutritives, abritent notamment le Narcisse des poètes.

Le pâturage, s'il est intensif, a tendance à lisser toutes ces nuances floristiques par un enrichissement du sol qui entraîne le développement des plantes beaucoup plus banales et alors très abondantes : la Renoncule bouton d’or ou le Trèfle rampant.
 
© Conservatoire des Sites Naturels Bourguignons